Lyon, ville d’illuminés
décembre 10, 2007
Ce week-end, Lyon était sous le feu des projecteurs. Tous les 8 décembre, la ville fête les lumières. Religieuse à l’origine, cette tradition serait devenue laïque… soit disant. Pendant quatre jours, les principaux sites et monuments connaissent des mises en lumières spectaculaires. Les scénographies innovantes, surprenantes et ludiques s’animent, sur des sites traditionnels et inattendus. Le patrimoine architectural est mis en valeur et la participation d’artistes de renom contribue au rayonnement international de la ville.
Au moins quatre millions de visiteurs (dont 20% d’étrangers) étaient attendus à cette neuvième édition. Depuis sa création, « la fête des lumières » n’a cessé de prendre de l’ampleur notamment avec la reprise de la tradition par la ville en 1998. C’est elle qui se charge désormais de l’organisation, en partenariat avec de nombreuses entreprises privées et EDF (pas folle la guêpe !) Le budget des illuminations s’élève tout de même à 1,8 millions d’euros et on ne compte pas la dépense d’énergie…
A l’origine, les lyonnais plaçaient de petits lampions sur le rebord de leur fenêtre et descendaient dans la rue, embrasée de millions de petites bougies. Cette tradition est le 8 décembre 1857, pour l’inauguration de la statue de la Vierge Marie sur la colline de Fourvière. Initialement prévue le 8 septembre 1857, jour de fête de la nativité de la Vierge, elle a dû être repoussée à cause d’une crue importante de la Saône.
Si les visiteurs ont oublié l’origine de fête, elle reste très ancrée dans la religion. Outre les affiches « merci Marie » implantées dans toute la ville ainsi que dans les stations de métro, un gigantesque « merci Marie » de lumières se dessine sur la colline de Fourvière. De même, les bougies « merci Marie » vendues sur le parvis de la basilique n’ont rien à voir avec les souvenirs d’une fête laïque. Enfin, les portes des Eglises sont ouvertes à tous mais les lieux restent saints. Ainsi, les touristes au bonnet de père Noël lumineux se verront refuser l’entrer de la basilique Fourvière tandis qu’un petit garçon devra ranger sa trottinette dans l’Eglise Saint-Nizier.
Alors oui, la fête du 8 décembre est populaire, mais convenons-en mais elle reste sous l’égide d’une lumière…divine.
Entry Filed under: Actualité. Mots-clefs: laïque, lumières, Lyon.
4 Comments Add your own
Leave a Comment
Some HTML allowed:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <pre> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed
1.
Massobre Romain | décembre 10, 2007 at 8:21
Si l’origine est religieuse, le 8 décembre est dorénavant une fête qui lui échappe, dans l’esprit de la plupart des personnes en tout cas, au même titre que Noel ! J’y ai été, et ce qui m’a le plus déçu ce sont les déçus, en manque de spectaculaire. C’était réussi, Holy Mary ne dira pas le contraire
2.
cherge | décembre 10, 2007 at 8:28
de mon temps (c’est pas si vieux), c’était moins artificiel, plus spontané quand même. Ou sont donc passés les défilés, les fanfares ?
Une précision: Lyon a érigé une statue en l’honneur de la vierge pour la remercier de l’avoir épargné de la peste.
3.
Miky | décembre 17, 2007 at 1:54
Cherge,
Je crois pas que la statue ait un lien avec la peste. C’est ce qui se raconte, oui, mais je crois que c’est seulement “une rumeur”. En fait la statue a été érigée pour remercier la Vierge d’avoir épargné Lyon DE L’INVASION PRUSSIENNE.
Voilà, c’était juste une précision à la précision
4.
lapioute | décembre 17, 2007 at 4:28
je crois que cherge a raison!! une neuvaine à l’immaculée conception aurait été lancée par les lyonnais pour repousser la peste… neuvaine se terminant traditionnellement le 8 décembre jour de la fête de l’immaculée conception…